4 min de lecture Concert

Metallica donne un concert furieux et spectaculaire à l'AccorHotels Arena de Paris

NOUS Y ÉTIONS - James Hetfield et sa bande ont défendu sur scène leur excellent dernier album "Hardwired… To Self-Destruct" et dégainé leurs plus grands tubes. 2h15 de show dantesque.

Metallica a enflammé l'AccorHotels Arena les 8 et 10 septembre 2017
Crédit Image : Béranger Tillard / RTL2fr
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Metallica est une machine de guerre, un rouleau compresseur. À 50 ans passés, les Four Horsemen ne montrent aucun signe d’usure, ils jouent toujours aussi fort. Très fort (les bouchons d’oreilles s’imposent si vous souhaitez les conserver). Cinq années après avoir fait trembler le Stade de France lors du 20e anniversaire du mythique Black Album (interprété en intégralité), les Américains étaient de retour pour deux dates à Bercy (rebaptisé AccorHotels Arena de Paris), les 8 et 10 septembre, une salle qui a vu tant de leurs concerts homériques...

Nous avons assisté au second show qui restera dans les annales. Le public a ressorti les vestes en jeans avec écussons de groupes, les t-shirts des tournées précédentes, déjà bien usés par quelques batailles. Il y a bien sûr, les fans de la première heure, mais aussi des plus jeunes, et quelques enfants ! Il est 20h54 quand l’enceinte se retrouve plongée dans le noir.

Les premières notes de The Ecstasy of Gold du maestro Ennio Morricone résonnent et des frissons parcourent le corps des 18.000 spectateurs présents. Le thème du western Le Bon, la brute et le truand introduit chaque concert de Metallica depuis 34 ans (oui, déjà !). Les quatre musiciens déboulent enfin sur l'impressionnante scène centrale. Une sorte de ring surplombé d'une multitude d'écrans affichant les couleurs de Hardwired… To Self-Destruct, leur dernier album (très réussi) sorti en novembre 2016.

Une claque sonore mais aussi visuelle

James Hetfield et sa bande entament les hostilités avec deux titres extraits de ce dixième disque, Hardwired et Atlas, Rise ! On constate vite que pas mal de spectateurs connaissent les paroles par cœur. Sur scène, ça tabasse sévère. Metallica ne joue pas avec des instruments de musique d'école. Le son est lourd, précis. Les nouveaux morceaux prennent encore plus de dimension en live, une plus grande fureur. À l'issue de ce round d'observation, le chanteur prend la parole : "Paris, c’est la soirée numéro 2. Il faut qu’elle soit plus forte que la première. On va jouer de nouveaux titres mais aussi d'anciens trucs..."

Pas le temps de dire ‘ouf’, Metallica dégaine Seek & Destroy. L'impression de se prendre une vague de 10 mètres de haut en pleine figure. Ça ne rigole plus. Chaque refrain est accompagné d’un énorme écho. Le show est également une claque visuelle grâce à un impressionnant dispositif scénique : une cinquantaine de cubes vidéo montent et descendent au-dessus du groupe lui-même toujours en mouvement. Les quatre gladiateurs changent sans cesse de place en profitant des huit micros disposés à chaque coin du quadrilatère. La batterie tourne également sur elle-même au fur et à mesure du concert. Ce qui permet à chaque spectateur de voir Metallica sous tous les angles, sans créer de frustration en fonction de sa place dans la salle.

Un show enflammé et un hommage à Cliff Burton

Through The Never, Fade To Black… Metallica enchaîne les titres. Et puis, surprise, au beau milieu de Now That We're Dead, quatre gros blocs blancs apparaissent et les membres du groupe se mettent à tambouriner dessus. On dirait presque des percussions brésiliennes. Lars Ulrich encourage ses camarades. Il est 22 heures, Hetfield déclare au public parisien : "Je vous aime ! Montrez votre amour à mes amis". Kirk Hammett et Robert Trujillo se lancent alors dans un duel guitare/basse. L'occasion de vérifier une fois encore l'incroyable maîtrise des deux musiciens. Pas de reprise de Trust comme le premier soir, mais de sacrés solos. Trujillo rend ensuite hommage au regretté Cliff Burton, le deuxième bassiste du groupe décédé à 24 ans dans un accident de bus sur une route de Suède en 1986. Son visage apparaît sur les écrans, l'émotion est palpable.

Sur cette tournée, Metallica modifie sa setlist d'un soir à l'autre. Après avoir interprété Last Caress joué originellement par le groupe punk américain Mifists lors du premier soir, le groupe offre une reprise de Diamond Head, Helpless, ce dimanche, puis incendie Bercy avec Fuel, la chanson d’ouverture de ReLoad. D'énormes flammes jaillissent du sol, entre les musiciens ! Le public, chauffé à blanc, secoue frénétiquement la tête. Pendant Moth Into Flame, peut-être le meilleur titre de Hardwired… To Self-Destruct, on assiste médusés à un bal de petits drones lumineux survolant les quatre Américains. On dirait des lucioles. Metallica a pris l’habitude d’innover à chaque tournée, c’est encore le cas avec ce concert.

On accepte tout le monde dans la famille Metallica.

James Hetfield
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James Hetfield demande maintenant combien il y a de jeunes fans de Metallica dans la salle ? Plusieurs centaines de bras se lèvent. "C’est beaucoup !", lâche-t-il surpris. Après avoir demandé aux anciens fans de se manifester, le leader du groupe lance : "On accepte tout le monde dans la famille Metallica". Puis, il déclare : "Paris, est-ce que tu veux du lourd ? Metallica te donne du lourd !" Un Sad But True dévastateur fracasse Bercy. 22h30, la salle se retrouve dans le noir, des bruits de mitraillettes, des explosions, des hélicoptères résonnent... Il s'agit évidemment de One. Les écrans affichent des portraits en noir et blanc de soldats de la Première Guerre mondiale de toutes les nationalités. Superbe tableau.

Un final dantesque

Metallica poursuit ensuite avec l'un des sommets de sa discographie et du rock en général, Master of Puppets, 8 minutes de pur heavy metal, dans une ambiance survoltée. Le public doublant la voix de James Hetfield, fredonnant les parties de guitares. Le tout sous les coups de baguettes de Lars Ulrich. 22h48, c'est déjà l'heure du rappel. Metallica sort l’artillerie lourde pour en finir : Fight Fire With Fire, le classique de Ride the Lightning (1984) joué a un rythme effréné, Nothing Else Matters et l’imparable Enter Sandman. Un final dantesque. "Êtes-vous en vie ?", lance Hetfield a plusieurs reprises. Les visages sont pleins de sueurs, certains corps dans la fosse sont meurtris, mais le bonheur se lit sur tous les visages.

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