4 min de lecture Concert

Depeche Mode fait danser le Stade de France et rend hommage à David Bowie

NOUS Y ÉTIONS - Le groupe britannique a fait vibrer le Stade de France le samedi 1er juillet pendant plus de deux heures, sur ses plus grands tubes, mais aussi quelques raretés.

Dave Gahan assure le show sur le Global Spirit Tour
Dave Gahan assure le show sur le Global Spirit Tour Crédit : Pacific Press/SIPA
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Sylvain Zimmermann
Journaliste

Depeche Mode et le Stade de France, c’est une longue histoire. Le groupe originaire de Basildon y a déjà joué à deux reprises, en 2009 et 2013. Deux shows mémorables. C’est dire si la formation de Dave Gahan s’y sent comme à la maison… Ou presque, car plus de 70.000 personnes sont encore venues à la fête ! À 21 heures précises, Revolution des Beatles résonne dans l’immense enceinte. Ça tombe bien, le public - déjà chaud - est prêt à sonner la révolte.

Une paire de jambes s'invite sur les écrans géants. Les Britanniques arrivent un par un, d’un pas lent, à l’exception notable du chanteur. Ce dernier surgit enfin, au-dessus de l’écran situé à l’arrière de la scène. Comme à son habitude, Dave Gahan commence le show dans un costume très chic. Combien de temps va-t-il le garder ?

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Au lieu de balancer leurs tubes d'emblée, les dieux du synthpop préfèrent prendre tout le monde à revers avec Going Backwards, bijou de noirceur tiré de Spirit, leur 14e album engagé et sensuel. Depeche Mode débute systématiquement ses concerts par ses morceaux les plus récents et garde le meilleur pour la fin. On ne les refera pas. Suit So Much Love, autre extrait du dernier disque. Ce nouveau titre fiévreux sonne comme un classique période Violator avec son accord de guitare entêtant.

Dave Gahan ensorcèle le public

Voilà, Dave Gahan a déjà fait tomber la veste. Moulé dans un gilet pailleté, il parcourt la scène de long en large, se tortille de façon reptilienne, tourne sur lui-même. "Bonsoir Paris !", lance l’emblématique frontman de Depeche Mode. Une clameur lui répond. C’est l'instant choisi par le groupe pour dégainer Barrel of Gun, titre écorché vif d’Ultra (1997), avec ses sons saturés, qui évoque la période la plus sombre du groupe. Quand Dave tapait à fond dans la drogue, au point de tenter de se suicider. Les paroles décrivent une personne qui s’enfonce inexorablement et qui, quoi qu'elle fasse, "regarde le canon d'un pistolet".

Un son de basse déchire le silence. A Pain That I’m Used To, le deuxième single de Playing The Angel (2005), nous transporte avec son remix très club. Les Anglais enchaînent avec Corrupt, délicieusement machiavélique, puis In Your Room, encore plus joueur et érotique qu’à l’accoutumée. Sur les écrans, une femme et un homme, vêtus de noir, se lancent dans un pas de deux passionné et langoureux. Peu après 21h30, World In My Eyes réveille définitivement le Stade avec son synthé vintage.

Depeche Mode revisite son illustre passé

Le public du Stade de France n'a pas fini d'en prendre plein les yeux. Mais pas de précipitation. Le trio de Basildon, qui est accompagné en live par un batteur et un autre claviériste, aime faire grimper le désir, souffler le chaud et le froid. Cover Me, nouvel extrait de Spirit n'a rien de renversant à la première approche, puis le titre devient hypnotique, avant de décoller.

Un show de Depeche Mode est toujours ponctué de passages en solo de Martin L. Gore. Pour le concert parisien, le compositeur reprend Judas, ballade hantée de Songs of Faith and Devotion (1993) accompagné d'un simple piano. Un drapeau rouge flotte en fond de scène. Le Stade reprend longuement le refrain "If You Want My Love…"

Paris, vous êtes vraiment les meilleurs.

Dave Gahan
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L’éternel ange blond de Depeche Mode, qui a certes un peu vieilli, est comme à la maison. Martin L Gore interprète ensuite Home dans une version plus rock que l’originale. Il invite le public à reprendre en chœur. Celui-ci n’a pas besoin de se faire prier. Dave Gahan déboule sur scène, poursuit cette belle symphonie humaine, puis remercie la foule en formant un cœur avec ses doigts. "Paris, vous êtes vraiment les meilleurs". 22h04, la paire de jambes revient au galop. On note ensuite trois, puis quatre paires de jambes rouges et blanches. Where's The Revolution ?, clame avec force Dave Gahan, en hauteur, comme derrière un pupitre de meeting. Derrière lui, des poings levés et des signes de victoire. "Montrez-moi vos mains !" crie-t-il.

Une grande communion et un hommage vibrant à Bowie

Un son familier titille désormais nos oreilles. Comme une sirène d'alarme, d'abord lointaine, puis de plus en plus présente. C'est bien Everything Counts ! Le vieux classique de Construction Time Again (1983) plus joué depuis des lustres. Le chanteur s’avance sur la passerelle qui coupe la fosse, tend le micro. Les fans reprennent "The grabbing hands Grab all they can Everything counts in large amounts..."

Viennent ensuite Stripped, puis Enjoy The Silence, toujours aussi intense. Le Stade de France donne de la voix. Les vidéos projetées offrent un parfait décalage, on y voit un cochon, un lapin, une vache, un mouton sur fond rouge ou bleu. Puis, c’est l’euphorie sur Never Let Me Down Again. Une marée humaine agite les mains au même rythme que Gahan, telle une vague immense.

C’est l’heure du rappel : Somebody, suivi de Walking in My Shoes, accompagné d’un superbe clip mettant en scène un homme se maquillant, avant d’enfiler fièrement ses platform shoes. 22h56, "DM" offre un moment d’une rare beauté : une reprise d’Heroes de David Bowie. Le public écoute religieusement ce chef d’œuvre du mythique chanteur disparu.

La grande messe rock se conclut finalement sur un Personal Jesus, irrésistible. Les fidèles de Depeche Mode auraient bien prolongé la communion une dizaine de minutes de plus. Ils auront l'occasion de revoir leur groupe préféré sur scène dans quelques mois. De nouvelles dates sont annoncées à Paris et Bordeaux l'hiver prochain.

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